CE SOIR, JE VAIS REGARDER LES CÉSARS… ENCORE !

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    Ce soir, quand nos enfants seront enfin couchés, ma compagne et moi nous affalerons dans le canapé. Une de nos phalanges appuiera sur le bouton 4 de la télécommande et, entamant un paquet de Granola, j’aurais une pensée émue pour ceux qui, de l’autre côté du téléviseur, ont l’estomac noué par le trac, les petits fours et/ou un champagne trop tiède.

    Des lettres évanescentes et dorées jailliront d’un fond noir pour me signaler que ça commence. Une musique symphonique tentera de me faire croire que je croiserai Ingrid Bergman, Marlène Dietrich, Ava Gardner… C’est pourtant sur Omar Sy que le réalisateur dézoomera, dévoilant alors une salle pleine de Daniel, de Jean, de Sophie et de Gérard. Le cinéma français est plein de Gérard.

    Un truc plus ou moins drôle va alors se dérouler. Un(e) présentateurtarice fera un sketch “décalé”. Décalé parce qu’il sera fait en costume de gala, et qu’on ne s’attend pas à voir un comique en costume de gala, sauf aux César, où toutes les années, des présentateurtatrices font des sketchs en costume de gala. Valérie Lemercier (ou Julie Ferrier) donnera donc une réplique un peu vulgaire à Antoine Decaunes (ou Antoine Decaunes) qui fera semblant de faire semblant de ne pas comprendre et lui demandera d’annoncer l’entrée du président.

    Guillaume Canet annoncera alors officiellement que la 37e cérémonie des César est ouverte. Il sera le seul à ne pas s’en être encore rendu compte, resté jusqu’ici en coulisse. Il ira alors s’asseoir à sa place.

     

     

     

    Et puis, les gens du métier qui ont gagné l’année dernière citeront d’autres gens du métier qui sont morts depuis : “des hommes, des femmes, de la passion, du rêve, des pellicules… c’est ça le cinéma”. Certains essayeront d’être “décalés”, mais ils seront moins drôles que Julie Ferrier (ou Valérie Lemercier). D’autres encore, des techniciens souvent, rappelleront que le statut des intermittents est précaire. Le ministre de la Culture pensera alors que le sien l’est encore plus, surtout à trois mois d’une élection présidentielle.

    Vers 22h, je serai fatigué et je n’aurai plus de Granola. Je ne suivrai plus vraiment la cérémonie parce que depuis vingt minutes, des techniciens se verront remettre le prix du meilleur montage ou de la plus belle photo. Comme je ne travaille pas dans le cinéma, je m’en foutrai royalement. Je serais alors tenté d’aller voir sur M6 si un(e) animateurmatrice aide un chti à redécorer son salon ou son visage. Jamel Debbouze (ou Gad Elmaleh) débarquera alors à l’improviste et nous réveillera, Antoine Decaunes et moi. Ma compagne, moins patiente, googlera déjà depuis 3/4 d’heure.

     

    Hommages, ô désespoirs

    Tout à coup, Antoine ne rira plus du tout. D’un ton solennel, il annoncera qu’il est l’heure de se rappeler que certains nous ont quittés dernièrement. Les portraits de ces chers disparus défileront et ceux qui le méritaient auront droit à un court extrait de leur talent. Cette séquence se finira par un pot-pourri de scènes cultes du plus connu des regrettés. Peut-être même que quelqu’un qui l’aura bien connu lui rendra un hommage.

    Plus tard, un hommage sera aussi rendu à un(e) grand(e) comédien(ne) qui n’est pas encore mort(e). Cette personnalité montera sur scène pour en plaisanter. Sa diction et ses mouvements ralentis par le grand âge nous attristeront tous.

    Toujours plus tard, un autre hommage sera rendu à un artiste étranger. Sa classe hollywoodienne donnera à l’assemblée un goût de jambon-beurre-cornichon.

     

    Et le gagnant est…

    Les conviés, un peu “pompettes”, ouvriront des enveloppes. Dans ces enveloppes, les noms de ceux qui les ouvriront l’année prochaine seront inscrits sur de petits cartons blancs. L’écran se partagera alors en 4, ou 5, ou 6, pour montrer ces nominés présents dans la salle, ou une photographie Harcourt de ceux qui n’ont pas voulu venir.

    Quand ils entendront leur nom, les présents se feront embrasser par ceux qui les aiment vraiment et monteront sur scène pour remercier leur collègues de bureau et leur banquier. Les absents seront représentés par un producteur qui les excuseront d’être retenus sur un tournage au Maroc. Les perdants applaudiront quand même, ce qui ne sera pas la peine, puisqu’on ne les regardera déjà plus.

    Une jeune actrice toute fraîche, ou une vieille actrice qui n’y croyait plus, va pleurer. Du coup, ce sera cette séquence qui sera privilégiée pour montrer la cérémonie au JT du lendemain. Dans ce JT, on saura qu’un des films a raflé toute la mise en emportant une certaine quantité de statuettes. On se félicitera de la bonne santé du cinéma français. On remarquera que cette cérémonie s’est déroulée avec classe et sous le signe d’un humour… décalé.

    Moi, je me rappellerai qu’elle s’était finie vers minuit, et que je n’avais pas vu le tiers des films nommés. Même pas « The Artist ». Mais j’aurais bien aimé que Jean Dujardin ait quand même son prix.

COMMENTS

1 Response to Ce soir, je vais regarder les Césars… encore !

  • Samuel wrote on février 24, 2012 at 10:16 //

    Bon, ben merci hein.
    Du coup, moi je vais pouvoir ne pas les regarder, et aller me coucher tout de suite.

    Bonne soirée, et attention à l’addiction au Granola…