RIONS UN PEU AVEC L’AGRESSION SEXUELLE… ET LE FIGARO

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    4 Comments

     

    Oh dis donc, j’en ai une bien bonne à vous raconter.

    Elle se passe en Allemagne. Au début du mois d’avril, la police munichoise reçoit un appel de détresse. Au bout du fil, une personne les informe qu’elle s’est réfugiée sur un balcon pour les appeler. Elle a peur. Séquestrée depuis cinq heures, elle est contrainte d’avoir de multiples rapports sexuels… huit au total ! Elle supplie de l’aider et dit qu’on veut la tuer “avec le sexe”.

    Marrant non ? Attendez, ce n’est pas fini.

    Quatre semaines plus tard, et dans le même appartement, le scénario se reproduit : séquestration, rapports sexuels sous contrainte…

    Finalement, la nouvelle victime réussit à s’échapper après 36 heures de calvaire. Des passants la retrouvent en larmes dans une rue de Munich. La douleur l’empêche de marcher.

    Ah ! Ah ! Ah !

    Comment ça “ce n’est pas drôle” ? Excusez-moi de vous l’apprendre cher visiteur, mais vous manquez singulièrement de ce soupçon d’esprit de caserne qui fait le sel de l’humour français. Les commentateurs de l’article du figaro dont je tire cette histoire, eux, se marrent comme des permissionnaires. Ils semblent même envier le sort des deux victimes.

     

    Au temps pour moi, j’ai oublié de vous préciser un point qui a son importance. Les victimes étaient… des hommes et l’agresseur, une agresseuse.

    Enfin, “agresseuse” est un mot trop péjoratif. Le figaro ne s’y trompe pas, et préfère le terme de “cougar”. D’ailleurs, mon correcteur orthographique ne reconnait pas non plus le mot “agresseuse”. “agressée”, oui, “agrafeuse” à la limite…

    Couillu”, voilà un mot entendable par le Figaro et ses lecteurs. Un homme, cela sait se défendre, cela ne se laisserait jamais soumettre quoi que se soit, encore moins par une faible femme. Après tout, quel homme ne rêverait pas d’être emprisonné pendant des heures entre les cuisses d’une “insatiable quadragénaire”, d’être “l’esclave sexuel” d’une “serial nymphomane” ?

    Les deux victimes !

    Aux commentaires qui mettent en doute leurs dépositions, argumentant qu’il serait impossible, selon eux, d’obliger techniquement un homme à avoir des rapports sexuels s’il n’en a pas envie, je dirai qu’il me semble encore plus improbable qu’un mâle, élevé dans une société confondant virilité et honneur, trouve le courage de dire qu’il a été… violé.

    Alors quand deux hommes trouvent ce courage, accordez leur une valeur, un crédit !

    Mais suis-je par trop… « bien-pensant » ?

COMMENTS

4 Responses to Rions un peu avec l’agression sexuelle… et le Figaro

  • olivier wrote on février 6, 2013 at 12:33 //

    J’ai reçu comme explication pour « au temps pour moi » une version plus musicale : un musicien se trompe, se fait reprendre par le chef d’orchestre car il a loupé une mesure et n’est pas dans le bon temps. Il reprends alors au bon temps.

  • Coyote Crafty wrote on juin 18, 2012 at 6:55 //

    Victime… Un mot toujours féminin…

  • Isabelle wrote on mai 11, 2012 at 6:08 //

    « au temps » ou « autant » ? des bises

    • petit fayot wrote on mai 11, 2012 at 6:35 //

      Les deux sont possibles, mais l’académie française préconise « au temps » puisque selon celle-ci rien ne justifie l’expression « autant pour moi », tandis que l’expression « au temps pour moi » serait liée à l’expression militaire « au temps ! », commandant la reprise d’un mouvement. L’Académie française précisait toutefois qu’« Il est impossible de savoir précisément quand et comment est apparue l’expression familière »

      Merci wikipedia !