Cher Petit Fayot,

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Figure-toi que je suis content parce que j’ai enfin réussi à reprendre la main sur ton nom de domaine. En effet, il y a quelques années, j’ai oublié de renouveler ta propriété et une obscure entreprise située, je crois, en Asie, l’avais parasitée en ne l’utilisant pas, attendant surement que je lui verse des sous pour que tu redeviennes mon précieux.

C’était bien présomptueux, vu que je suis radin et que si je n’avais pas renouvelé ton domaine, c’est parce que je ne savais plus quoi en faire. 

Oh dis, tu te rappelles au début, quand j’y tenais un blog ? Haha, la belle époque, où des centaines de blogueurs pensaient encore que quelqu’un les lirait. Tout comme moi d’ailleurs, cherchant quel sujet j’aborderai au prochain article, comment je l’illustrerai, checkant fébrilement la page de statistiques de WordPress en croyant, vainement, analyser quelque chose. Et puis est venu le commun constat : je n’avais rien à dire. Continuer tout de même ? Pousser un peu ?

A quoi bon ? Quand on n’a rien à dire, on le fait sur les réseaux sociaux. Pourquoi s’ennuyer à construire un propos construit et décliné sur plusieurs paragraphes, thèse, anti-thèse, quand une bonne saillie de moins de 240 caractères suffit à faire comprendre à des milliers d’inconnus que tu te situes de tel ou tel côté de la barricade du sujet du jour ?

C’est pourquoi je t’ai laissé faire sur Twitter, mon petit avatar. Je te trouve assez doué à son jeu : une petite blague par ci, un avis tranché par là, un commentaire lapidaire sur la vilaine phrase d’un fâcheux, toujours du bon côté de la barrière.

Pourtant, je me demande souvent si tu es vraiment moi. Quand tu affirmes tes positions écologiques ou anticapitalistes et que je me vois fumer mon demi-paquet de Lucky Strike quotidien, par exemple. Tu… pardon… nous ne serions pas un peu factices ?

Et puis, n’es-tu pas frustré, toi, de ne pas étendre un peu le fil de tes pensées ? Moi je le suis. Il faut dire qu’à mon corps défendant, les poumons surtout, je suis un cérébral. Je remue mes songes dans une grosse marmite que j’ai oublié d’emplir d’eau. Les idées se bouscules, s’entrechoquent, sans liant autour.

Alors je me dis comme ça que c’est peut-être le moment d’en rouvrir un, de blog, et que je vais te l’adresser.

Petit Fayot, je te propose d’être le lecteur fidèle de mon blog et, vue ta position d’avatar, tu es bien obligé de le lire.

Haha, je t’ai bien ken.

Rassure-toi, je n’ai pas l’intention de parler de nous à chaque billet. Je pense que ce sujet, que je maitrise globalement, finirait lui aussi par tourner en rond.

Autre chose : nous nous connaissons bien et je sais que tu ne m’en voudras pas si je ne me casse pas trop la nénette à illustrer correctement ce blog. Pour ce premier billet, accepte cette photographie montrant probablement un Agaric champètre. Le champignon étant ma lubie automnale, il est fort probable que le thème soit récuré sur les articles à venir.

Et alors, Kestuvafer ?

Mycologiquement,

Philippe

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